Troubles de la posture dans la maladie de Parkinson, place de la toxine botulique : une cohorte marseillaise
Troubles de la posture dans la maladie de Parkinson, place de la toxine botulique : une cohorte marseillaise
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Original abstract
Contexte : les troubles posturaux axiaux de la maladie de Parkinson (MP), en particulier la camptocormie (CC) et le syndrome de Pise (SP), constituent une complication invalidante, pour laquelle les options thérapeutiques restent limitées. La toxine botulique (BoNT), utilisée hors AMM dans la littérature, a été proposée dans ce contexte comme traitement ciblant l’hyperactivité musculaire impliquée dans ces déformations. Ciblant le mécanisme dystonique. Méthodes : nous avons mené une étude prospective monocentrique, incluant des patients parkinsoniens présentant une CC parfois associée à un SP, suivis dans le cadre du soin courant. Le protocole consistait en trois injections de BoNT, espacées de 3 à 4 mois, renouvelées en cas de bénéfice clinique, associées à une prise en charge rééducative. Dans cette étude, l’objectif principal était de mesurer l’évaluation posturale, douloureuse et globale par le clinicien tout en prenant en compte le ressenti du patient.Résultats : 67 patients volontaires ont été inclus. L’amélioration mesurée par la CGI-I restait modeste (18 %), tandis que le ressenti subjectif (PGI-I) montrait une amélioration dans un tiers des cas (32 %). Les patients du groupe CC isolée ne présentaient pas d’aggravation significative contrairement aux patients du groupe CC+SP qui présentaient une aggravation de l’antéflexion globale significative de 23%. La douleur, en revanche, s’améliorait de façon significative, en particulier dans le groupe CC+SP, et constituait un déterminant majeur de la satisfaction des patients. Près de 45 % des patients ont poursuivi le traitement au-delà de 12 mois, suggérant un bénéfice clinique suffisant pour justifier la reconduction des injections. Conclusions : nos résultats apparaissent contrastés. Ils suggèrent que la BoNT, apporte d’une part un effet limité sur la correction posturale en lien avec une physiopathologie complexe où la dystonie n’est pas le mécanisme prédominant, et d’autre part un effet douleur améliorant la qualité de vie du patient. La prise en compte des critères subjectifs apparaît essentielle pour évaluer la réponse thérapeutique. Des études randomisées, de plus grande ampleur et utilisant des mesures standardisées, sont nécessaires afin de préciser les indications et d’optimiser les protocoles d’injection.